Besoin d’un système d’arrosage ? Pensez à la micro-irrigation. Très facile à installer et à utiliser, ce système d’irrigation présente de nombreux avantages aussi bien du point de vue écologique qu’économique. Vous aurez plus de détails dans cet article.

Qu’est-ce que la micro-irrigation ?

La micro-irrigation est une technique d’irrigation qui favorise une réduction de l’utilisation d’eau et d’engrais. Elle est utilisée le plus souvent dans les milieux arides ou sablonneux ou dans les régions qui subissent une pénurie de ressources hydriques. Encore appelée irrigation localisée, la micro-irrigation consiste à apporter directement de l’eau à faible pression aux racines des plantes cultivées, à cadence lente, mais régulière. Ici, il ne s’agit pas d’arroser la terre, mais plutôt la plante elle-même, à travers ses racines. Le fonctionnement de la micro-irrigation est basé sur un réseau de goutteurs et de tuyaux étroits ou des asperseurs disposés ou parsemés dans le sol à irriguer. L’eau forme sous la terre un bulbe humide, qui maintient sèche la plus grande partie de la surface et limite l’évaporation. La micro-irrigation a été développée dans les années 60. Elle convient pour l’arrosage des potagers, des jardins, des serres, mais elle est également fortement utilisée pour la culture des bananes, des vignes, du maïs, du coton, des fraises, etc.

Les différentes sortes de micro-irrigation

Il existe plusieurs types de micro-irrigation à savoir : l’arrosage goutte à goutte et l’utilisation des tuyaux poreux.

L’utilisation des tuyaux poreux

L’utilisation des tuyaux microporeux est un système d’arrosage qui permet de conserver l’humidité du sol. En effet, des gouttes d’eau s’échappent lentement des pores du tuyau et viennent humidifier le sol. Les tuyaux microporeux sont adaptés à l’arrosage des grandes surfaces. Le dispositif est mobile et peut être déplacé d’une culture à l’autre. Le dispositif se raccorde directement au robinet. Il ne nécessite pas une forte pression : 0,5 bar suffit. Les tuyaux microporeux peuvent être couplés à un programmateur d’arrosage. Ainsi, même la nuit ou en l’absence du jardinier, l’irrigation peut se poursuivre.

L’arrosage goutte à goutte

L’arrosage goutte à goutte consiste à utiliser des microdiffuseurs directement installés sur les canalisations. Cette technique est très répandue. C’est d’ailleurs la technique la plus connue. Le dispositif est composé de têtes de microvaporisation favorisant le filtrage de l’eau ainsi que le réglage du débit d’eau. Il comprend également plusieurs conduites d’eau de haute densité en PVC avec un diamètre de 10 à 16 mm. Des microdiffuseurs et microtubes à basse densité y sont également intégrés pour l’aspersion d’une seule plante à la fois. Ici, l’aspersion est limitée à la culture avec une portée de 1 à 2,5 m. Il faut noter qu’il existe en matière de jardinerie, de nombreux matériels pour former soit même une micro-irrigation. Trouvez sur certains sites de vente en ligne du matériel pour la micro-irrigation. L’irrigation goutte à goutte peut s’installer très facilement. Il suffit par exemple de fixer un tuyau de 13 ou 14 mm avec des crampons et d’y raccorder des dérivations munies de goutteurs que l’on peut placer juste en face de la plante à arroser. Le goutteur peut être choisi en fonction des besoins de la plante. Les goutteurs sont de petits dispositifs généralement réalisés en PVC, destinés à distribuer l’eau à faible débit (2 à 4 litres par h) et de façon ponctuelle avec une pression d’environ 1 bar. Ils peuvent être intégrés directement au conduit ou être apparents. La distribution de l’eau est faite par des tubes de section de 0,5 à 1,5 mm de diamètre ou par des trous de faible diamètre (1 à 1,5 mm). Mais, vous pouvez aussi opter pour des goutteurs réglables de 2 à 20 l. Le goutte à goutte peut être aussi trouvé en kit complet avec une centrale de débit et des goutteurs, espacés d’environ 30 cm, incorporés dans le tuyau avec un débit de 2, 3 ou 4 l/heure. Avec le goutte-à-goutte, le système d’irrigation peut être enterré ou en surface.

Le goutte-à-goutte enterré

Ici, le système est installé dans le sol. Il est invisible et est adapté à l’irrigation des pelouses et des plantes de bordure. Les goutteurs sont installés à 30 cm d’écart le long de la conduite et peuvent libérer chacun 1,6 l d’eau par heure. La pression d’eau est la même pour tous les goutteurs, ce qui garantit une irrigation uniforme. Les goutteurs sont équipés d’une barrière qui empêche les racines de pénétrer dans la conduite installée dans le sol. Ils sont aussi équipés d’un système de fermeture automatique qui empêche l’infiltration de la saleté. Après chaque arrosage, ils se referment automatiquement.

Le goutte-à-goutte en surface

Ici, chaque goutteur peut libérer 1 à 20 l d’eau par heure. Le système en surface est idéal pour les grands plants et arbustes, pour les jardins, les potagers, les serres et les pots à fleurs. Comme pour le goutte-à-goutte enterré, les goutteurs sont espacés de 30 cm le long de la conduite. Ici, la conduite peut être recouverte d’un paillage.

Le paillage

Pour optimiser l’irrigation et réduire les évaporations, le sol autour de la plante peut être recouvert de débris de végétaux. Il peut s’agir de feuilles de cocotier, de foin, d’écorces de cacao ou de pin. Toutes sortes de végétaux peuvent être employées pour le paillage. L’évaporation est plus intense sur un sol nu. Le paillage diminue considérablement l’évaporation de l’eau du sol. Le paillage contribue donc à maintenir l’humidité et la fraicheur autour de la plante lorsqu’il y a élévation de la température ambiante. Cette technique lutte également contre la pousse des mauvaises herbes. La décomposition du paillage améliore aussi la fertilité du sol.

Comment programmer efficacement la micro-irrigation ?

Programmer efficacement l’irrigation consiste à déterminer les horaires, les débits et les cycles d’irrigation. Certains éléments sont à prendre en compte dans la programmation de la micro-irrigation : les variations météorologiques, le type de culture, le type de sol et la phase de croissance. Il faut noter que les meilleurs moments pour l’irrigation sont le début de la matinée et la fin de l’après-midi. L’irrigation peut être également programmée la nuit où il n’y a presque pas de perte par évaporation. Par temps de pluie, il est recommandé d’arrêter ou de réduire le système d’irrigation. Un excès d’eau peut causer des dommages. Toutefois, il est recommandé d’utiliser de l’eau potable pour éviter les risques de contamination des sols. Certains systèmes sont reliés à un pluviomètre, ce qui permet aux plantes de recevoir la quantité exacte d’eau dont elles ont besoin. Il existe des minuteries ou des programmateurs d’arrosage pour créer et contrôler des cycles d’irrigations. Les minuteries sont généralement branchées à une sortie d’eau connectée au conduit d’alimentation. Une fois le robinet ouvert, il suffit d’entrer les données dans le programmateur d’arrosage.

Les avantages de la micro-irrigation

La micro-irrigation ou arrosage localisé est une innovation importante dans le monde de l’agriculture. Son principal avantage est la bonne gestion de l’eau. En effet, l’eau est utilisée directement pour nourrir les racines des plantes. On n’utilise que la quantité dont on a besoin. Le système est très économe en eau. Il n’y a quasiment pas de pertes d’eau par évaporation. L’arrosage localisé permet à la plante d’absorber l’eau plus facilement. La filtration lente de l’eau par le sol réduit l’érosion et l’épuisement nutritionnels de ce dernier. L’eau ne touche pas les feuilles et se limite aux racines. Cela évite tout risque de brûlure et de propagation des maladies et des champignons. La croissance et la prolifération des mauvaises herbes sont considérablement ralenties. L’irrigation goutte à goutte permet de réduire jusqu’à 70 % l’apport d’eau en comparaison à la méthode traditionnelle. Ceci est un gros avantage, surtout dans les zones très arides ou sablonneuses et aussi dans les régions où l’approvisionnement en eau est limité. De plus, le travail est allégé. Plus besoin de transporter de lourds arrosoirs sur une longue distance ! Avec la programmation, les arrosages sont automatiques et indépendants. La micro-irrigation ne permet pas d’économiser uniquement de l’eau. Les apports en azote sont également réduits. La micro-irrigation permet un bon enracinement des plantes. Le système de micro-irrigation s’adapte à la fertigation du sol, ce qui favorise un accroissement de la production. Il favorise également une bonne aération du sol. Ce dernier n’est pas inondé d’eau, et le développement des racines est beaucoup mieux. L’oxygène du sol aide le système racinaire à se développer au maximum. Ce système limite également le lessivage des sols et réduit les rejets de fertilisant. La levée d’adventices est aussi limitée.

Les contraintes de la micro-irrigation

  • L’irrigation localisée nécessite des investissements importants avant l’installation de la culture.
  • Une mauvaise conception du réseau d’irrigation peut avoir de lourdes conséquences.
  • Lorsque l’eau contient trop de calcaire, les goutteurs peuvent se boucher facilement, ce qui crée la nécessité d’entretien régulier des installations.
  • Le système peut être peu esthétique dans le jardin.

Il faut retenir que les sources de pertes en irrigation sont principalement liées à l’évaporation et à l’excès d’eau. L’irrigation localisée ou micro-irrigation intervient donc comme un remède important.

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